Taxe de 3 % sur les immeubles : un durcissement structurant des obligations déclaratives
Taxe de 3 % sur les immeubles : un durcissement structurant des obligations déclaratives
La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales modifie en profondeur le régime de la taxe de 3 % prévue à l’article 990 D du CGI.
Cette taxe est, en principe, due par les personnes morales à prépondérance immobilière détenant un immeuble en France. Son montant est de 3 % de la valeur vénale de ces biens immobiliers.
Jusqu’à présent, certaines entités pouvaient bénéficier d’une exonération totale de cette taxe simplement en prenant l’engagement de communiquer des informations relatives aux immeubles et aux associés à l’administration fiscale sur sa demande.
Ce mécanisme disparaît.
Désormais, l’exonération est exclusivement conditionnée à une obligation déclarative annuelle, à souscrire au plus tard le 15 mai.
Les entités devront notamment déclarer chaque année :
- La consistance et la valeur des biens immobiliers détenus au 1er janvier;
- L’identité et l’adresse de l’ensemble des détenteurs au-delà de 1 %;
- Ainsi que le niveau de détention de chacun.
À noter : les informations exigées correspondent, en substance, à celles qui relevaient auparavant du simple engagement de communication.
Une conséquence importante en pratique :
La disparition de l’engagement entraîne également la suppression des mécanismes de régularisation a posteriori dont pouvaient bénéficier les entités en cas de manquement.
Généralisation de l’obligation de représentant fiscal en France
Autre évolution majeure : toutes les entités étrangères concernées par la taxe et ne disposant pas d’établissement stable en France devront désormais désigner un représentant fiscal en France.
- Ce représentant est chargé de recevoir les actes liés au contrôle (notifications, procédures, etc.);
- L’obligation s’applique y compris en cas d’exonération de taxe;
- Elle sera formalisée via la déclaration annuelle 2746-SD.
À souligner :
- Le représentant n’est pas solidairement responsable du paiement de la taxe (sauf mandat spécifique);
- En l’absence de désignation, l’administration pourra se retourner vers l’entité la plus proche dans la chaîne de détention.
Objectifs poursuivis par le législateur :
- Renforcer la traçabilité des chaînes de détention immobilière;
- Améliorer l’identification des bénéficiaires effectifs;
- Sécuriser les échanges avec les entités étrangères;
- Et, plus largement, accroître l’efficacité de la lutte contre la fraude (notamment en lien avec l’IFI et les droits de mutation).
Calendrier pratique
En l’absence de dispositions spécifiques, ces mesures entrent en vigueur immédiatement.
Toutefois, compte tenu du calendrier déclaratif, elles produiront leurs effets :
- Pour la première fois au titre des déclarations déposées en 2027;
- Incluant la désignation du représentant fiscal.
Points de vigilance / zones d’incertitude
Une question demeure à ce stade :
Quel sera le sort des engagements de communication souscrits avant la réforme ?
La récente jurisprudence tend à considérer que les différents mécanismes déclaratifs sont exclusifs les uns des autres, ce qui laisse ouverte la question du régime applicable aux périodes antérieures.
Des précisions administratives sont attendues sur ce point.
En synthèse :
La réforme marque un changement de paradigme - passage d’une logique déclarative « sur demande » à une obligation de transparence annuelle systématique, avec des implications pratiques importantes pour les structures, en particulier étrangères.
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