Indirect Tax News - Juillet 2026


Le paysage mondial de la fiscalité indirecte connaît une profonde transformation. Partout dans le monde, les administrations fiscales renforcent leurs dispositifs, modernisent les obligations déclaratives et accordent une importance croissante à la réalité économique des opérations. Les évolutions récentes – qu'il s'agisse de la généralisation de la facturation électronique, des réformes des groupes TVA ou encore de l'évolution de l'interprétation des règles applicables aux intermédiaires – illustrent une tendance de fond : les conséquences en matière de TVA dépendent désormais davantage de la manière dont les entreprises exercent réellement leurs activités que de la seule rédaction de leurs contrats.

Aux Émirats arabes unis, le ministère des Finances a adopté une approche pragmatique en reportant au 30 octobre 2026 la date limite de désignation d'un prestataire de services agréé (Accredited Service Provider) pour les grandes entreprises, tout en maintenant l'entrée en vigueur de la facturation électronique au 1er janvier 2027. Ce report offre un délai supplémentaire pour préparer la transition, sans remettre en cause le calendrier de la réforme. Les entreprises doivent donc poursuivre leurs travaux de mise à niveau des systèmes, d'adaptation des processus et de fiabilisation des données afin d'éviter les sanctions liées à une mise en conformité tardive ou incomplète.

Au Botswana, une réforme majeure de la TVA entrera en vigueur le 1er juin 2026. Les services numériques fournis à distance seront désormais soumis à la TVA, les organismes publics ainsi que les grandes entreprises non immatriculées devront appliquer le mécanisme d'autoliquidation, et l'utilisation de dispositifs fiscaux électroniques deviendra obligatoire pour l'ensemble des assujettis à la TVA. Les délais d'immatriculation étant déjà engagés, les entreprises disposent de peu de temps pour adapter leurs systèmes et leurs procédures.

En Allemagne, une réforme importante du régime des groupes TVA est actuellement à l'étude. Le projet de loi de finances annuel pour 2026 prévoit de remplacer la constitution automatique de l’« Organschaft » (groupe TVA) par une déclaration expresse des entreprises concernées. Il confirmerait également que les sociétés de personnes peuvent intégrer un groupe TVA, en cohérence avec les récentes décisions de la Cour fédérale des finances allemande et de la jurisprudence européenne. Si cette réforme est adoptée, elle entrerait en vigueur en 2029, offrant un cadre juridique plus clair tout en renforçant les exigences en matière de gouvernance fiscale des groupes.

En Espagne, plusieurs décisions récentes de la Direction générale des impôts et du Tribunal économique et administratif central confirment une approche fondée sur la substance économique pour l'application des exonérations de TVA et des régimes particuliers. Qu'il s'agisse des secteurs de la santé, des services financiers ou des transmissions d'entreprises, les autorités privilégient désormais la réalité économique des opérations plutôt que leur qualification contractuelle. Cette approche s'inscrit dans une tendance de plus en plus répandue au sein de l'Union européenne.

Au niveau de l'Union européenne, la jurisprudence récente ainsi que les prises de position des administrations fiscales conduisent à une interprétation plus large des règles applicables aux intermédiaires et aux commissionnaires. L'analyse ne se limite plus à des critères formels, tels que le nom figurant sur la facture, mais s'attache désormais au rôle réellement joué par l'intermédiaire dans la transaction : son pouvoir de décision, son degré d'implication et le contrôle qu'il exerce sur les éléments essentiels de l'opération. Lorsqu'un intermédiaire intervient sur la fixation du prix, les conditions contractuelles ou l'exécution de la prestation, il peut être qualifié de commissionnaire. Cette qualification entraîne la création d'une chaîne de livraisons ou de prestations fictives, avec des conséquences importantes en matière de TVA, notamment sur la personne redevable de la taxe, les flux de facturation et les obligations d'immatriculation. Pour les plateformes numériques, les modèles économiques digitaux et les entreprises opérant à l'international, cette évolution soulève des enjeux significatifs en matière de conformité et d'organisation.

Dans leur ensemble, ces évolutions témoignent d'une tendance claire : les règles de TVA deviennent plus précises, davantage numérisées et de plus en plus fondées sur la réalité économique des opérations. Les entreprises qui anticipent ces changements en réexaminant leur organisation, leurs relations contractuelles et leurs dispositifs de conformité seront les mieux armées pour répondre aux exigences d'un environnement fiscal international toujours plus complexe.
 

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